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dimanche 9 juin 2019

Entre Tikehau et Tahiti

Le soleil me fait des appels de phare ! Comme s'il tenait à ce que je ne rate pas son coucher. En fait ce sont les oscillations du bateau, engendrées par les plus grosses vagues, qui occultent le soleil avec le bimini. Ça bouge un peu, la mer n'est pas forte mais les vagues sont en plein travers et quand elles dépassent 2 m l'embardée est bien prononcée. Néanmoins les conditions sont bonnes, le vent est de travers également, souffle entre 17 et 20 noeuds, ce qui donne une vitesse de 7 à 8 nd.
J'écris par intermittences, entre les manœuvres, repos, contrôles, réglages et enregistrements dans le cahier de bord. C'est un métier !
Maintenant il fait nuit, il est 19 h le repas est pris, Nini se repose, bien gênée par un très gros rhume. Les étoiles scintillent entre de petits nuages pas inquiétants pour le moment.
Nous avons quittés Tikehau à 10 h 30 ce matin (8 juin) alors que nous y sommes arrivés la veille avec l'intention d'aller voire les raies manta et le jardin d'éden, un magnifique endroit de culture maraîchère .
Mais le mouillage y est très mal abrité, le vent est fort et va prendre du Sud dans 2 jours. Le mouillage est donc très inconfortable et pour rallier Tahiti ce ne sera pas favorable pendant plusieurs jours. 2 raisons suffisantes pour remettre la visite de cet atoll à l'année prochaine... et lever l'ancre.
180 NM a parcourir soit un peu plus d'une journée. Le routage prévoit 28 h mais le vent est, encore pour le moment, plus fort que prévu. Du coup nous sommes en avance.
Nos amis Otter 2 ont pris une route plus ouest que nous, pour rejoindre les îles de la Société. Nous espérons revoir Marjolaine et Jean, car nous avons passé d'excellents moments. Ce fut une belle rencontre, comme notre vie de marins vagabonds nous réserve de temps en temps.

La lune est là, petite, mais elle nous donne un bel éclairage avec des reflets argents.
Pour vous, un éclat de lune et un éclat de rire...!

mardi 23 avril 2019

Le grain Gros Degueu !

C'est un nouveau, il vient de sortir. Pas vite quand même, non car il veut que nous en profitions un max ! Parce que Gros Dégueu prend son temps, il se pavane, se répand, s'étire indéfiniment, sans gloire, sans panache. Gros Dégueu c'est un grain qui te balance sur la tronche des tonnes d'eau. Des milliards de mètres cubes s'abattent sans fin sur toi, encore et encore. Gros Dégeu c'est la pluie qui te balance qui le fait jouir, le reste il s'en fout. Ce con il en oublie d'envoyer du vent. Pas même un pet de Gros Dégueu ! Tu as l'impression d'être dans l'œil du cyclone. Tout autour du bateau sur des kilomètres tombent des cataractes d'eau. La pluie est drue, bien verticale, les gouttes énormes se fracassent sur la surface de l'océan qui blanchit. Et pas un souffle d'air. Le seul vent c'est celui créé par notre vitesse, la risée diesel.

Le bruit est énorme, comme celui engendré par une immense cascade. Ça ruisselle en torrent, ça coule partout. Les voiles battent lamentablement sous l'effet des vagues. Elles dégoulinent et ressemblent plus à des chiffons mouillés qu'à des voiles.
Gros Dégueu prend son temps, s'arrête, revient, pas de répit pendant 5 h !
Gros Dégueu pourrait s'amuser sur des endroits désertiques. Que nenni il dégueule sur l'océan où il n'y a pas vraiment de sécheresse !
Nous nous sommes réfugiés à l'intérieur du bateau après avoir roulé le génois et bordé la Grand voile à plat. Un coup d'œil tous les quarts d'heure à l'extérieur pour admirer le mur d'eau qui nous entoure. Rien d'autre à voir, pas même le petit atoll que nous avons longé.
Mais Gros Dégueu après nous avoir bien trempés pendant 5 heures, absorbe tous les vents ! Pas un souffle d'air pour nous sécher, pas une brise pour gonfler les voiles.

L'enfoiré nous a laissé dans la pétole !

Que le beau temps soit avec vous !

lundi 22 avril 2019

Des étoiles et des lunes

Elles sont là, elles sont toutes venues, des cohortes, des légions. Le petit et le grand chariot ont fait plein d'aller et retour pour les mener au champ de bataille, même des vieilles très lointaines. Toutes sont prêtes à en découdre. Puissance à bloc, ça scintille, ça brille de tous les côtés. Des fuites de lumières laiteuses apparaissent, trop de puissance peut-être. Il y a même des retardataires qui filent pour être à l'heure mais elles ont tant couru qu'elles sont épuisées, qu'elles s'éteignent en faisant le vœu qu'une plus jeune les remplace....
Le moment est important, pas question de se laisser pâlir par une grosse ronde. Non mais ! En plus elle se la joue vedette,
Madame se fait attendre. Il est même annoncé qu'elle aura 3 quarts d'heure de retard, par rapport à hier ! Non mais franchement ! Elle n'a pas encore compris qui sont les vedettes. Les stars c'est nous ! C'est ce soir que nous saurons qui va remporter le match des lumières. Qui va faire pâlir l'autre ?
Attention, la voilà on commence à voir une lueur derrière les nuages. Là, regarde le ciel s'éclaircit ! Mauvais signe pour l'équipe des étoiles, la lune n'est pas là et déjà la voie lactée s'estompe. Les paris sont fait, faites vos jeux ! Qui va être plus lumineux, la lune ou les étoiles ? Mais que se passe-t-il ? Il semble que les nuages se sont alliés aux étoiles pour affaiblir la lune. Un halo commence à poindre, il transperce le nuage, d'autres arrivent bien noirs, bien denses. La bataille fait rage, la lune blanchi les nuages. Attention le vent semble s'en mêler il bouscule les nuages. Ça y est ! La lune est là ! Le ciel s'éclaire ! Elle monte inexorablement en faisant pâlir les étoiles. Son disque de lumière magnifique nous fait voir la nuit comme le jour. Encore ce soir les étoiles ont perdu. Elles auront leur revanche, car la lune va perdre quelques quartiers. Les étoiles le savent, elles pâlissent mais elles continuerons de briller, pour longtemps encore et tous les soirs.

Que les étoiles, les bonnes, soient avec vous !

dimanche 21 avril 2019

Navigation de nuit, divagations nocturnes

19 h 30 quelque part au milieu de rien, au milieu d'un monde invisible dans les profondeurs abyssales. L'océan Pacifique nous entoure, il était bleu, maintenant il est noir, profond, changeant mais toujours vierge de traces. Rien ne nous indique que des bateaux sont déjà passés et notre sillage , si éphémère, ne sera vu par personne et c'est à peine si nous avons le loisir de l'admirer. Même les vagues qui, sans cesse, bousculent un petit peu le bateau et courent partout en rangs plus ou moins serrés ne laissent qu'un peu d'écume sur leur crête et puis plus rien.
La compagne chérie des navigateurs vient de se lever. La lune est en vedette, elle a commencé sa représentation. D'abord un timide reflet sous un nuage à l'horizon et une douce clarté qui bleuit le ciel. Les étoiles ne sont pas contentes de cette pleine lune qui éclaire jaune puis blanc en prenant de l'altitude. Les contrastes diminuent, les étoiles en sont toutes pâles. Mais plus elle monte et plus elle nous éclaire et brillamment ce soir car personne ne lui fait de l'ombre. Elle est pleine, toute ronde, brillante et sans pudeur elle nous montre ses reliefs. Même les nuages ont compris que ce soir c'était la nuit de Madame la Lune. Ils sont restés aux portes de la nuit attendant d'être bien gorgés d'eau pour venir nous rincer. La mer scintille de mille éclats d'argent, même elle a compris que ce soir il fallait la jouer calme. Surtout ne pas déranger les reflets, juste quelques vaguelettes pour faire effet boule à facettes. La musique c'est le chuintement du bateau qui avance paisible, poussé par une petite brise. Le navigateur en oublie de râler après ce vent trop faible qui tire sur l'élastique du temps. Il reste béat, admiratif devant tant de beauté simple, de tranquilité mouvante.
Nuit exceptionnelle ! Terre liquide, magique, nourricière.

Que la lune soit avec vous !

samedi 20 avril 2019

Les Marquises

Nous sommes restés longtemps sans communiquer, d'abord un bug puis aux Marquises le wifi est trop faible pour espérer envoyer du texte et des photos. Surtout des photos car les paysages de ces îles sont exceptionnels, comme leurs habitants, d'une rare gentillesse et qui réservent aux voyageurs en bateau un accueil très chaleureux.
Nous y sommes arrivés le 19 décembre après 5 jours de mer dont 2 difficiles car face au vent et 3 qui furent un régal. Premier atterrissage sur l'île de Tahuata où nous resterons 1 mois en attaquant fort par Noël et le premier de l'an avec des bateaux copains Coyote, Milo One et Planet Océans.
L'accueil sur cette première île nous a enchanté, Tehina une habitante du village Hapatoni ouvre sa maison aux voileux, internet, convivialité , rigolades, repas partagés, un amour ! Kalino le sculpteur et animateur du village qui nous guidera pour découvrir les pétroglyphes et nous fournira en bananes, pamplemousses, avocats. Il a même appris à Nicole la sculpture sur os !

Nous avons ensuite été à Fatu Hiva. La baie de Hanavave est extraordinaire, une beauté mystique avec ses pics incroyables, comme une forteresse pour défendre le village. Sur cette île aussi nous ferons de belles rencontres et passerons de bons moments avec les habitants. Avec toujours l'impression d'être hors du temps, hors des problèmes. La vie s'écoule doucement, sans stress et semble facile, un peu de pêche, des fruits et de la viande. Il suffit d'aller à la chasse aux chèvres ou aux cochons très nombreux sur toutes les îles des Marquises.
Avec Hiva Oa, tout à côté de Tahuata, nous aurons visité les 3 îles du Sud. Sur cette île nous visiterons pour la première fois les vestiges des anciens habitants des Marquises, avant les premiers conquistadors puis les missionnaires. Des habitations tout en pierre, des tikis, des lieux de culte ou de torture... étonnant !

Nous sommes quelque part entre les Marquises et les Tuamotu, les communications avec l'Iridium doivent être courtes, donc la suite au prochain numéro.

Que le soleil soit avec vous.

Les Marquises du Nord

Les îles du Nord sont constituées de 3 îles, Nuku-Hiva l'île des guerriers, Ua-Pou l'île de la femme et Ua-Huka l'île des chevaux nous indique la légende. Ces îles sont splendides, plus sèches que celle du Sud (et oui tout est inversé dans l'hémisphère Sud) mais avec néanmoins de la verdure et des montagnes extraordinaires.
De Hiva Oa nous rejoindrons Ua-Huka, encore les baies sont magnifiques. Certaines sont littéralement cachées, tant elles sont étroites entre de hautes falaises volcaniques. D'autres sont des nids de verdure entourés de montagne où des étendues désertiques, arides où seuls les oiseaux, par milliers y vivent. Nous n'y resterons pas longtemps car l'accostage sur la plage de Hane en annexe est particulièrement périlleux. Nous avons été à deux doigts de nous faire retourner par une des vagues qui s'écrasent sur la plage. La visite de l'arboretum est superbe mais elle a failli nous coûter cher.
Nous ne renouvèlerons pas l'expérience et rejoindront Nuku Hiva, la capitale des Marquises. Nous avons visité cette île en voiture, guidés par un retraité qui en fait une activité régulière. Les paysages traversés sont d'une rare beauté, les côtes sont extraordinaires où le bleu profond de la mer est un écrin qui fait ressortir les différentes couleurs de la roche et de la végétation. A Taïoahae, la capitale, les contacts ne sont pas les mêmes que dans les autres îles, plus de monde, plus de tourisme. Néanmoins ça reste bien loin de l'ambiance des capitales européennes, pas de manifestants, pas de gens énervés... D'ailleurs nous y resterons plus de un mois sur différents mouillages.
Nous rejoindrons ensuite Ua-Pou, dans la baie du village Hakahau il faut ajouter une ancre arrière car la place est trop petite pour le nombre de bateaux. De plus, comme tous les mouillages des Marquises, l'endroit est rouleur et l'ancre arrière permet de rester face à la houle bien que le vent tourne de 180 º sur une journée. L'ambiance est plus sereine que sur l'île précédente. Les enfants passent leur journée de vacances à surfer, les anciens se retrouvent sous un arbre pour palabrer et d'autres se donnent rendez-vous tous les soirs pour des parties de pétanque. Nous nous lierons avec des navigateurs au long court, Breakaway dont le voyage a commencé il y a plus de 30 ans et Otter 2 qui sont partis il y a 11 ans. Avec eux nous avons assisté aux danses marquisiennes organisées pour la réception des touristes de l'Aranui, mi paquebot, mi cargo. L'intensité qu'y mettaient les danseurs pour la danse du cochon était exceptionnelle. Nous avons adoré. En fait cette île nous a séduit, la vie y est douce et les habitants ne manquent de rien, médecin, Kiné, petites supérettes, boulanger et une cantine, tenue par la coopérative de l'île, où nous y sommes régalés assez souvent.
Pour l'heure nous naviguons vers les Tuamotu, la mer est belle, le soleil ou la pleine lune nous éclaire, la première journée sous spi asymétrique, la première nuit nous a gratifié d'un peu plus de vent pour nous passer du spi mais la faiblesse de la deuxième journée se fait bien sentir. Seayousoon se traîne à 5 nd dans 7 nd de vent.... qu'importe nous sommes bien !

Que le soleil soit avec vous !

jeudi 27 décembre 2018

Hapatoni....


Le formidable Kalino ! Avec un sens de l’accueil exceptionnel.


A ma gauche Tehina notre hotte et à ma droite sa sœur Léone.

Accueil absolument merveilleux pour les voyageurs en voilier. Chaque jour nous recevons notre lot de cadeaux sans rien nous demander en retour, sauf de revenir !

Que le soleil soit avec vous.

Joyeux Noël !!


Réveillon sur Milo One

Jolie table avec une trilogie de poisson préparée par Mireille et Pascal de Islands Coyote.

Nous nous sommes régalés et la fête fut belle.


Que le Père Noël soit généreux avec vous !

vendredi 21 décembre 2018

Les Marquises......

Après 5 jours de navigation, dont 2 face au vent nous voila aux Marquises.


Notre première balade au village de Hapatoni à Tahuata nous plonge tout de suite dans l'Esprit Marquisien !!
Tout le monde a le sourire, chacun nous propose d’aller dans sa maison, voir son artisanat personnel, avec des sculptures d’os (bœuf, espadon, Martin,...) incrustées dans le bois...


Et nous repartons à nos bateaux les bras chargés de fruits,  bananes, pamplemousses, mangues, papayes...

Vendredi 21/12, nous fêterons l’anniversaire de Swan (14 ans) et vers 17 h nous irons tous au village pour participer à un bingo ou à un match de volley, auxquels nous sommes chaleureusement invités à participer par les habitants.

C’est un total dépaysement ! Et nous comprenons bien dans quel état d’esprit était Jacques Brel, quand il a créé la chanson Les Marquises, dans laquelle il chante : « veux-tu que je te dise, gémir n’est pas de mise... aux Marquises... ».  Car ici raisonne le vibrant hommage à cette terre généreuse qui avait calmé ses bleus à l’âme...

A très bientôt pour plus de détail, car à l’approche de Noël les Marquisiens nous réservent encore plein de bonnes surprises que nous ne manquerons pas de vous faire partager !

Que le soleil soit avec vous.

mardi 18 décembre 2018

De Makemo aux Marquises deuxième.

Après 220 NM au moteur cap plein Est, le 16/12 à 9 h, nous sommes passés pratiquement plein Nord. Le début fut un peu laborieux puis le vent s'est stabilisé concomitamment à la fin de la période de grains. La mer est devenu belle et dans la nuit nous avons fait quelques pointes à 8 nd. Très bien pour nous faire oublier les 2 jours de moteurs.
Le 17/12 vers 11 h le vent a pris une direction très Nord nous obligeant à bifurquer vers l'Ouest avec un cap de 320 º. Nous avons attendu 2 h pour vérifier que c'était un changement durable et avons effectué un virement de bord. Le but était d'éviter de s'éloigner vers l'Ouest dont il serait difficile de revenir. Après un virement fort bien réussi, Nicole s'aperçoit que le vent venait, à l'instant, de perdre sa composante Nord. Allez hop, nouveau virement de bord et nous nous retrouvons presque au bon cap avec un vent, de 13 à 15 nd, bien sympathique.

Marine a l'estomac qui va bien mieux ce matin et a voulu nous faire un gâteau à la banane avec pépites de chocolat ! Cuisiner en navigation est un bon test pour vérifier que le mal de mer est fini. Le fait est !
C'était une journée gastronomique. Nicole nous ayant préparé un tataki de thon et sa sauce soja qui lui va si bien. Avec le très bon gâteau de Marine nous ne sommes pas sortis de table avec la faim. D'ailleurs les 2 filles sont parties faire une sieste, pendant que le Captain veillait aux grains, les paupières un peu lourdes.
Nous naviguons au bon plein assez confortablement sur une mer belle. Quelques surventes de courte durée que l'on passe en choquant la grand voile.
Nous souhaitions atterrir à Fatu Hiva mais cette île est trop à l'Est pour l'atteindre sans louvoyer ou sans le moteur. Nous irons donc peut-être directement à Tahuata. Ça tombe bien car nos amis de Islands Coyote nous ont informés, avec l'iridium, qu'ils y seraient ce matin.

Nous n'avons vu que quelques poissons volants mais cette nuit l'écume levée par Seayousoon était illuminée de plancton fluorescent. Magnifique !

Il fait chaud, le ciel reste nuageux mais sans grains, la mer est bleue.
En fait elle n'est pas toujours dure notre vie de nomades marins...

Que le soleil soit avec vous !